Les femmes travaillent et les hommes regardent. Ce matin encore. 2 femmes jeunes, habillees en sari, pas ceux du genre luxueux, pas le genre non plus qui facilite les mouvements. 2 femmes transportent de la terre, dans des grands sauts en bois poses sur leur tete. Elle deblaient je ne sais quelle baraque qu'un -homme- riche doit actuellement renover. 3 hommes regardent. Un quatrieme les aide a poser le saut de terre sur leur tete. Enorme participation masculine.
Dans ce pays parfois on tue (voire on "suicide") les femmes parce qu'elles ne sont pas hommes, ces meme femmes qui, quelles que soit leur confession et l'aisance de leur famille n'auront de choix que de se soumettre a un homme qu'on leur aura choisi, ou de faire front et de tout perdre.
Ce matin ca me donne envie de vomir. Et de pleurer. Ca. Et le regard de l'homme indien sur la femme occidentale. Assez facile a resumer :
les blanches sont toutes des putes.
ont toutes joue dans des films pornos.
Si bien qu'il va m'etre difficile d'ignorer desormais les regards insistants et pesants des hommes que je croise. Et dieu sait que j'en croise un paquet puisque les femmes sont destinees a rester chez elles, ou, quand elles sortent, pas necessairement autorisees a parler a qui que ce soit. Monde d'homme. Jusqu'il y a peu j'ai reussi a ne pas me focaliser la-dessus. Des discussions recentes avec des hommes, occidentaux et touristes en Inde, m'ont appris qu'eux aussi etaient choques par leur echanges avec les hommes d'ici. Tous se sont vus proposer des prostituees, particulierement a Bombay, occasionnellement un prostitue. L'un d'eux s'est vu proposer une fille par le propre pere de celle-ci. Ce qu'ils rapportent est simple : les hommes qui passent leur temps a mater les femmes blanches sont effectivement absolument obsedes, ne pensent et ne parlent que de sexe, en version ultra trash.
Je me suis reveillee en colere, je me sens gronder comme le ressac de l'ocean que j'entends. Avec l'orage au loin.
Dans le journal ce matin, en derniere page, un article sur les restaurants pour gens qui crevent de faim, intitule "Your free lunch at Mumbai's hunger cafe". Ou comment des restaurateurs ont monte un business qui consiste a fournir des repas a 10 roupies a des pauvres en galere. Mais justement, ces derniers n'ayant pas d'argent, ils s'assoient en rang d'oignon devant les dits restos, attendant que des plus riches passent en voiture et leur jette un billet par la fenetre. Billet qui servira a nourrir autant de personnes qu'il est divisable par dix... C'est le drive-in de la charite.
Sous la photo qui illustre l'article, une mention: "They don't feed women" -Ils ne nourrissent pas les femmes.
mercredi 18 juin 2008
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2 commentaires:
au réveil , je reste sans voix ....
je t'embrasse
c'est exactement ça que j'ai écrit et pris en photo.. nos soeurs indiennes piochent et triment avec 3 hommes qui les regardent faire... et font en plus le ménage, la vaisselle, etc...
un tout petit espoir, mais qui commence bien sûr dans les classes favorisées.. Tu te rends comptes combien Sinu ou Laya sont favorisées...
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